La maison des esclaves à Dakar

La maison des esclaves à Dakar

Un monument tristement célèbre

La maison des esclaves à Dakar est un ancien point d’échange d’esclaves. Située sur l’île de Gorée à Dakar, elle était utilisée comme prison pour les esclaves qui venaient d’être capturés. Destinés à être vendu, notamment dans des plantations américaines, les esclaves attendaient en cellule parfois des mois entiers.

Aujourd’hui, c’est une des dernières maisons d’esclaves qui existe, et c’est un des monuments les plus visités de la capitale sénégalaise.

Des personnalités comme Barack Obama, le pape Jean-Paul II, ou encore Nelson Mandela, ont visité ce lieu teinté d’une histoire tragique.

Les hollandais ont construit la maison des esclaves en 1776. De couleur rouge saumon, cet édifice est composé d’anciennes cellules d’esclaves, de plusieurs cachots qui servaient à punir les esclaves désobéissants. Il y a également une petite exposition à l’étage pour présenter les bateaux sur lesquels embarquaient les esclaves envoyés outre-Atlantique.

Ce monument, tout comme l’île de Gorée sur laquelle il se trouve, sont inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est d’ailleurs en 1990 que la maison des esclaves est rénovée par l’UNESCO afin de pouvoir accueillir des visiteurs.

Le conservateur de la maison des esclaves est presque aussi célèbre que le monument lui-même. En effet, Boubacar Joseph Ndiaye fut le conservateur de l’édifice de 1962, jusqu’à sa mort en 2006. Ce dernier avec son discours passionné et sa connaissance du monument n’a laissé aucun touriste indifférent.

Récemment plusieurs études ont remis en cause certains points du discours du conservateur, notamment sur l’importance qu’avait le monument dans le commerce triangulaire. Il s’avèrerait que la maison des esclaves de Gorée n’a pas eu un impact si grand que le prétendait Monsieur Ndiaye.

La maison des esclaves à Dakar 1

Le déroulé de la visite

En entrant dans l’édifice, vous trouverez au rez-de-chaussée, ce qui fut les cellules des esclaves. Celle-ci séparaient hommes, femmes et enfants. Ainsi les familles étaient séparées de force dans différentes cellules. Il y a également une chambre de pesage qui servait à mesurer le poids des esclaves à leur arrivée dans cette prison.

Les esclaves étaient entassés dans les cellules à 15 ou 20. Ils n’étaient autorisés à sortir qu’une fois par jour, et vivaient dans des conditions de saleté insupportables. La maison avait la capacité d’accueillir entre 170 et 220 esclaves simultanément.  

A droite de l’entrée, il y a le bureau du conservateur Boubacar Joseph Ndiaye, qui n’est pas à visiter.

La maison des esclaves à Dakar 2

Deux escaliers mènent à l’étage qui accueille l’exposition permanente, mais entre ces deux escaliers, il y a un couloir. Au bout de ce couloir, on peut apercevoir une lumière. Celle-ci est en fait une porte qui donne sur la mer. Elle était appelée “la porte du voyage sans retour”. En effet, c’est par cette porte que les esclaves embarquaient sur les bateaux qui les mèneraient de l’autre côté de l’Atlantique. Comme vous l’imaginez nombre d’entre eux mourraient en mer, et beaucoup de familles étaient séparée après avoir passé cette porte.

La visite coûte 500 Francs CFA (76 centimes), et vaut vraiment le coup d’être faite. C’est une bonne occasion d’aller sur l’île de Gorée, qui est à une vingtaine de minute de bateau de Dakar.